Pascal Quignard



J’aimerais posséder cette érudition qui jamais n’étouffe, ni ne lasse et faisant s’entrechoquer des bribes de chroniques oubliées - contes vies minuscules - rallume des feux nourris d’un bois humide et noir ; j’aimerais savoir écrire avec cette langue aiguisée qui n’a pas encore perdu la mémoire du latin et du grec, ravivant chaque mot d’un éclat neuf venu des siècles passés ; j’aimerais pouvoir dévoiler dans un seul élan, avec la même justesse, la force et la fragilité de la littérature.

(photo DR)