Anton Tchekhov


Anton, parti de Moscou pour rejoindre l’île de Sakhaline, traverse la Sibérie : il a froid, il a faim, il souffre d’hémorroïdes, il a toutes les peines du monde à s’approvisionner en thé de qualité,  il se plaint qu’on puisse dans ses contrées lointaines trouver bien plus facilement de la vodka qu’une simple poule à faire cuire, il se plaint aussi de l’omniprésence de ses compagnons de voyage, les vrais voyages doivent se faire seul, écrit-il avec peine dans les cahots de la route à sa sœur, à sa femme, à sa mère et à son éditeur, mais en réalité c’est à moi qu’il écrit comme à un vieux pote qu'on est pressé de revoir pour le serrer dans ses bras et lui raconter ses aventures.

("Anton T. par son frère")