Rabat, quartier de l'Océan


Au bord de l’océan qui se vermeille, près du fortin en ruine, le coucher de soleil provoque un ballet incessant de voitures et de mobylettes. On s’installe dans l’obscurité naissante, enfin à l’aise, à l'abri des regards : les couples se hasardent à échanger des baisers, des petits troupes d’hommes extraient de leur cachette des bouteilles de vin ou d’alcools forts, la soirée commence, rythmée par le ressac, dans une douce torpeur que vient soudain troubler l’arrivée intempestive d’un véhicule de la sûreté nationale, dispersant aussitôt amoureux et buveurs, nuée d’oiseaux effrayés par une vague féroce.