Dario Fo


De Dario Fo
je n’ai lu aucun livre
mais vu
des dizaines de fois
la captation télévisée
de sa mise-en-scène
du Barbier de Séville de Rossini
avec ses escaliers balançoires
paravents parasols
pivotants et escamotables
ses chanteurs qu’on dirait interprétant leurs airs
chaussés de patins à roulettes
portés par un rythme effréné
sans cesse crescendo descrescendo
et une allégresse omniprésente
qui colore même la mélancolie la plus noire
tous ses éléments mêlés
créant en moi
une sensation unique
de liberté et de joie
dont la recherche obstinée
constitue
mon seul code de conduite
pour traverser
élégamment
sans frein
et avec risque
de se planter dans le décor
ce lac gelée sous plein soleil
qu’est ma vie.

(photo DR)